Les origines du Labrador Retriever et son histoire

Ce que vous allez lire ici est l'Histoire du labrador retriever. Mais attention, la plupart des cynophiles cherchent à faire remonter les origines de leur race préférée le plus loin possible. Bon nombre sont prêts à en voir les traces dans les peintures rupestres des grottes de Lascaux. Pour ma part, je n’étais pas né à l’époque, aussi il m’est difficile de discerner la réalité du mythe, voir du fantasme.

L'histoire du Labrador Retriever la plus plausible

Dans un ouvrage daté de 1814, le colonel Peter Hawker décrit une variété de chiens de Terre-neuve, appelés indifféremment labradors de Saint-John ou chiens de Saint-John, dont il précise :

" Il est rare qu'un pointer, aussi doué fut-il, soit capable de suivre la trace et de retrouver (en anglais retrieve) le gibier blessé à moitié aussi vite que le vrai labrador de Saint John".

La théorie la plus plausible sur la présence de ces chiens à Terre-neuve est développée par Mary Roslin Williams, dans son ouvrage publié en 1975, "All about the Labrador". Ce serait les pécheurs de morue Portugais qui auraient introduit à Terre-neuve les chiens qui les aidaient dans leur travail, les cao di castro laboreiro. Cette race, qui existe toujours au Portugal, et dont l'apparence générale rappelle étonnement un mauvais labrador, a curieusement l'étoile blanche au poitrail.

Cette dernière, jugée indésirable pour les puristes, est autorisée depuis tous temps par le standard. Leur nom de Laboreiro aurait été déformé en Labrador, de consonance plus familière puisqu'il désigne la province voisine, dont on sait que le labrador n'est pas originaire.

Qu'ils aient étés ramenés de Terre-neuve par les passionnés de chasse et de chiens qu’étaient les gentlemen anglais, ou oubliés sur le port de Poole par les morutiers venant de Terre neuve, les labradors de Saint-John font souche en Angleterre dès 1820.

Ils y sont retrempés avec divers courants de sang de retrievers anglais, jusqu'à ce jour de 1885 où, chez Lord Malmesbury, vient au monde Buccleuch Avon, considéré comme l'ancêtre de toutes les lignées de labradors noirs actuelles.

Buccleuch Avon était un labrador absolument typique, avec une tête splendide, la plus douce des expressions, un fabuleux poil double et une queue de loutre très fournie. C'est vers 1916 que la Comtesse Lorna Howe fonde le premier club de race (il en existe actuellement une bonne douzaine en Angleterre), et élabore le standard du labrador retriever, dont son champion Banchory Bolo est une fabuleuse illustration.

"Ce ne sont pas ses titres de champions qui me l'ont rendu si précieux, c'est parce que c'est le chien le plus intelligent, le plus humain que j'ai connu", disait de lui Lady Howe.

Le premier labrador de Lady Howe se nommait « Scandal of Glynn », un compagnon irremplaçable dont la mort prématurée la conduisit à rechercher obstinément un descendant de ce chien.

Il s'avéra que ce chien n'avait sailli qu'une seule femelle qui donna naissance à une portée de treize chiots, dont douze femelles. L'unique petit mâle de cette portée n'intéressant pas le propriétaire de la femelle, il avait été donné à quelqu'un qui ne lui trouvait pas plus d'intérêt, et qui fut heureux d'en faire cadeau à Lady Howe.

Ce chien indésirable dont personne ne s'était vraiment occupé se révéla d'entrée sauvage et incontrôlable, confortant l'opinion de ses premiers maîtres : un mauvais chien. Or il advint qu'il tomba malade. Lady Howe lui prodigua tant de soins jusqu'à sa guérison que sa personnalité en fut radicalement modifiée. C'est ainsi que "naquit" l'inoubliable Banchory Bolo (tiré de l'ouvrage "Labradors by Leonard E. Naylor" publié en 1952).

Le labrador doit son existence officielle à Lady Howe, qui a merveilleusement décrit ce que l'on ressent intimement lorsque l'on partage la vie d'un vrai labrador.Pour ma part, à l’instar de ce qui se passait dans les demeures seigneuriales de ce temps là, je pense que la plupart du temps, ce sont les employés qui s’occupaient de l’élevage, plus que Lady Howe.

De ce fait, ces mêmes employés savait mieux que n’importe qui se qui se passait au chenil. Par exemple, il ne faut pas oublier que leschevaux de galop Anglais sont le fruit d’une erreur ; un petit cheval arabe servant de bout en train à la saillie, parvint à ses fins avec une jument, et ce contre la volonté de ses propriétaires.

  • La meilleure preuve du manque de cohérence de tous ces écrits est l’apparition de la couleur jaune ?
  • Le noir étant un gène dominant, le jaune étant récessif, comment du noir peut amener du jaune ?

L’apparition du marron est quand à lui logique : toutes les races où le noir est la couleur dominante voit le marron apparaître.

Le premier épagneul Breton inscrit au LOF était noir et blanc, puis vint le marron et blanc, et bien après, sans doute grâce à l’apport de sang anglais, les blancs orange firent leur apparition. A vouloir tout expliquer, on tombe à mon avis dans l’inexplicable. Le Labrador est ce qu’il est sans doute grâce à des recherches. Mais sans doute aussi, comme pour la pénicilline découverte par Sir Alexander Fleming, le coût de chance n’y est sans doute pas étranger.

Différents mythes sur le labrador retriever

La légende du croisement d’un Terre neuve avec une loutre est des plus sympathique mais il est incontestable que cela ne soit scientifiquement impossible. De même pour la légende des pattes palmées ; je n’ai jamais constaté que le labrador avait les pattes plus palmées qu’un autre chien.

Autre légende, celle de la queue de loutre qui ne servirait qu’à aider à la nage, et l’élimination des sujets portant leur fouet (queue) en trompette : beaucoup de races canines à qui la queue à été écourtée nagent tout aussi bien.

Mais avec un moins bon gouvernails pour ceux dont le fouet a été écourté et surtout avec de moins gros « floc » (donc plus discrets) pour ceux qui ont cette queue en trompette. La nage d’un bon Labrador est extrêmement limpide, silencieuse, rapide…Rien de plus beau à voir que son menton faisant comme la proue d’un navire, surtout quand il accélère suite à la vue ou à la prise d’émanation (odeur).

Le golden retriever ne nage pas comme un Labrador, il roule beaucoup des épaules. Mais bien que sa rapidité soit moins grande, il reste un nageur silencieux. Ce qui est sûr, c’est que des Anglais aient remarqué les qualités de nageur et de rapporteur du chien de Saint-John, qui ramenait les filets de pêche des morutiers, voir même les poissons.

L’un de mes amis, chasseur et pêcheur, se trouva un jour fort étonné de voir sa chienne Labrador se jeter à l’eau, afin de rapporter une truite qui se débattait accrochée à sa ligne, pour exécuter un rapport parfait.

Comment on fait les éleveurs ?

Très certainement des croisements (apport de sang Setter) Et autre très certainement apport de coup de chances.

On peut même voir sur de vieilles photos des labradors qui avaient un faux air de Beagle. Tant qu’à l’apport de sang setter, il n’est qu’à voir certains Labrador marquer des poses d’arrêt avant d’attraper un oiseau blessé. Mon vétérinaire, chasseur au marais, prend le plus grand plaisir à tirer des bécassines sourdes à l’arrêt de sa labrador Olga du Friche Menuet.

D’ailleurs, plusieurs propriétaires m’ont rapportés ces mêmes constations. Cette même Olga, dont le poids n’excède pas les 20 kg, rapporte allègrement les oies que son maître à l’occasion de tirer.

Où est l’utilité de ces énormes chiens de plus 35 kg (hors standard) préconisés pour le rapport de gros oiseaux ? L’un de mes amis me racontait qu’à une époque où cela n’était pas interdit, il lui arrivait d’aller chasser la bécasse à la passée (la croule), et que pour ce faire il emmenait avec lui une labrador.

Il passait généralement prendre sa cartouchière et son fusil, mais un soir, ayant suffisamment de cartouches dans ses poches, il ne prit que son fusil. Sa chienne labrador le suivie gaiement, mais au bout de quelques mètres, il voit cette dernière faire demi tour. Elle rentre à toute vitesse dans la maison, prend la cartouchière, et revient chargée de ce matériel indispensable à son maître. Il n’est pas besoin de rappeler les capacités de ces deux races de retriever, labrador et golden.

Il n’est qu’à voir tout ce qu’on leur demande : chiens guide d’aveugles et d’handicapés, recherche d’armes, de munitions, de drogue, chiens secouristes sous avalanches, décombres.

Premiers documents sur le Labrador Retriever

Les premiers documents représentant ce qui allait devenir le labrador retriever (chien ou labrador de Saint-John) montrent un chien au poil mi long plus proche du flat coated que du labrador actuel : peu de stop, tête plus fine, corps plus long et surtout de couleur noire. Puis le marron apparu (Chocolat, foie) et bien plus tard la couleur jaune (blanc).