Tout savoir sur l’appétence chez le chien : infos et conseils santé

Analyse de la séquence du comportement alimentaire

D’une manière générale, la séquence de la prise alimentaire obéit à la chronologie suivante :

  • Phase de recherche et d’identification : le chien se sert de son odorat pour capter les arômes de l’aliment proposé, et de sa sensibilité tactile pour juger de la température.
  • Phase de sélection : c’est encore l’odorat qui permet d’établir les préférences.
  • Phase de préhension buccale : le chien perçoit ici la taille, la forme et la texture de l’aliment.
  • Phase de broyage : le goût intervient après l’odorat : les papilles gustatives transmettent des informations au cerveau une fois l’aliment dans la bouche.
  • Phase de digestion : si le chien associe des sensations négatives à l’ingestion d’un aliment, il peut développer un processus d’aversion* qui le poussera à éviter de consommer cet aliment.

Étapes successives de la séquence de consommation d’un aliment par le chien

Pour être accepté par le chien et donc qualifié d’appétent, un aliment doit franchir ces étapes successives sans être rejeté.

L’odorat a un rôle majeur dans l’établissement des préférences alimentaires. L’acuité olfactive est beaucoup plus développée chez le chien que chez l’homme.

Les odeurs présentes dans l’air inspiré circulent à l’intérieur des cavités nasales. Lorsque le chien renifle, le débit de l’air est de 1 l /sec, soit 10 fois plus que lors d’une inspiration normale. Les odeurs déclenchent des modifications chimiques traduites en un message nerveux envoyé au cerveau par le nerf olfactif.

La perception olfactive dépend de la composition chimique et moléculaire des odeurs, du degré d’hygrométrie de l’air ambiant, du stade physiologique du chien… L’acuité olfactive est maximale quand le chien a faim, elle diminue lorsqu’il est rassasié. Les chiennes sont plus sensibles aux odeurs que les chiens, mais cette sensibilité varie selon le stade du cycle sexuel. L’odorat diminue avec l’âge.

Circulation de l’air dans les cavités nasales chez le chien

  1. cornet nasal supérieur
  2.  cornet nasal inférieur
  3. méat nasal supérieur
  4. méat nasal moyen
  5. méat nasal inférieur
  6. volutes ethmoïdales
  7. Pharynx

Lors de l’inspiration, l’air entre dans les fosses nasales et circule jusqu’au pharynx. Environ 7 % de l’air inspiré passe au contact des muqueuses olfactives mais cela suffit pour déclencher la sensation. À l’expiration l’air vient au contact de la muqueuse olfactive. Les sensations gustatives et olfactives sont alors associées.

Le goût intervient secondairement pour juger de l’appétence d’un aliment

Le sens du goût naît dans les papilles gustatives présentes sur la langue, le palais et le pharynx. Le chien possède environ 1 700 bourgeons du goût contre 9000 chez l’homme. La sensation naît de la stimulation des papilles gustatives par les substances solubilisées dans la salive.

Suivant le goût enregistré par les papilles, la sécrétion d’enzymes par le pancréas est différente, s’adaptant à la composition de l’aliment qui va être digéré.

Le chien distingue 5 goûts bien définis : amer, sucré, acide, salé et umami* (ce dernier correspond à la reconnaissance d’un acide aminé non-indispensable, le glutamate). Il a tendance à rejeter les saveurs amères et est attiré par le goût sucré. Il ne faut en effet pas oublier que les canidés sauvages consomment aussi des fruits ou des baies. Cet attrait est renforcé par la distribution de friandises sucrées.

L’âge, le sexe et l’état de santé influencent les perceptions gustatives. Comme pour l’odorat, l’acuité du goût diminue en fin de vie.

Les récepteurs gustatifs, principalement situés sur la face supérieure de la langue, à l’intérieur de la muqueuse, sont appelés “bourgeons du goût”.

Les préférences alimentaires sont le résultat des interactions existant entre l’aliment, le chien et son environnement.

L’appétence d’un aliment varie selon les préférences du chien et les conditions d’environnement.

Pour évaluer l’appétence d’un aliment, il faut le tester sur des chiens de tailles et de races différentes, et dans des conditions d’environnement variées (chenil ou maison par exemple).

Avant la naissance

Le système gustatif du chiot devient fonctionnel peu avant la mise-bas (Ferrel, 1984a). Il est sensible à certaines molécules transmises via la circulation placentaire et le liquide amniotique (Thorne, 1995). Cette exposition intra-utérine influence les préférences ultérieures du chiot (Doty, 1986).

Après la naissance

La composition du lait maternel possède ses propres caractéristiques olfactives et gustatives. Pendant la période d’allaitement, les substances solubles dans les matières grasses du lait sont les plus susceptibles d’être à l’origine de préférences alimentaires.

Au sevrage, les chiots ont naturellement tendance à imiter leur mère : ils préfèrent donc manger la même chose qu’elle.

Après le sevrage

Le propriétaire joue un rôle majeur dans l’éducation du comportement alimentaire car les habitudes s’installent dans les premières semaines. Il est important d’inculquer des règles de base au chien dès son arrivée dans la famille.


Le chien est un animal social. Sa manière de manger définit le statut de l’individu dans le groupe. Chez les canidés sauvages (loup, chacal, coyote…), les dominants mangent en premier.

Quand le chef de meute s’éloigne, les autres animaux ont un comportement glouton : le loup est capable d’absorber 17% de son propre poids en un seul repas (Young, 1944). Un chien difficile, qui attend d’être regardé pour manger, trie son alimentation et mange lentement se comporte donc comme un animal dominant.

Un chien se satisfait bien de manger le même aliment tous les jours s’il répond à ses besoins nutritionnels. Lorsqu’un chien paraît “se lasser” d’un aliment, c’est souvent parce qu’il cherche à acquérir un statut social plus important, en consommant le même aliment que son maître. Il ne faut pas entrer dans ce jeu.

Le passé alimentaire a de l’importance : l’expérience alimentaire influe sur l’appétence d’un aliment. Des chiens vivant au chenil et des chiens vivant en maison ont des préférences différentes quand on leur présente de nouveaux aliments.

Chiots Labradors lors de la tétée

De nombreuses substances ingérées par la mère passent directement du tube digestif au lait. Le goût particulier de chaque lait maternel influence les préférences ultérieures des chiots.

Les moyens de mesurer l’appétence : le travail sur l’odeur, la texture, le goût

Comment évaluer l’appétence ?

L’appétence est appréciée par des études objectives du comportement du chien mis en présence d’un ou plusieurs types d’aliments. Parmi les différentes phases du comportement alimentaire citées au début, nous cherchons à évaluer principalement deux éléments :

  • les préférences de l’animal pour tel ou tel aliment. On mesure par exemple la consommation respective de deux aliments différents mis à la libre disposition du chien. Ces critères de sélection sont analysés ensuite. La fiabilité du résultat dépend, entre autre, du nombre de chiens utilisés et de la durée de l’étude . La sélection des chiens les plus discriminants permet d’augmenter la sensibilité des tests.
  • le mode d’ingestion de l’aliment : il reflète le caractère plus ou moins attractif du produit pour le chien. La quantité spontanément ingérée dans un temps donné, ou le temps nécessaire à l’ingestion d’une quantité donnée d’aliment sont des données importantes. Des vidéos montrant le mode de préhension et les difficultés éventuelles de consommation ajoutent des précisions utiles.

2 moyens différents d’exprimer les résultats d’appétence :

Les résultats peuvent s’exprimer de 2 façons :

  • Cas n° 1 : le pourcentage respectif de consommation de chaque aliment donne les proportions d’aliments A et B consommées par l’ensemble des chiens.
  • Cas n°2 : 16 % des chiens ont préféré l’aliment A (c’est-à-dire qu’ils ont consommé au moins 2 fois plus de A que de B), 54 % ont préféré l’aliment B et 33 % n’ont montré aucune préférence.

Cette dernière méthode reflète mieux les différences car elle prend en compte le nombre de chiens qui marquent vraiment leur préférence.

Les informations obtenues en chenil sont confirmées chez des chiens de particuliers pour évaluer l’appétence en conditions variées d’environnement, et tenir compte de notions telles que : l’appréciation du maître sur l’aspect du produit et son attitude quand il donne à manger, les conditions variables de distribution des repas, etc.

L’odeur : la sélection des matières premières et le développement des arômes

Importance de l’ensemble des ingrédients

Tous les ingrédients présents dans l’aliment participent à la note globale d’appétence. Avant d’utiliser une nouvelle matière première importante, on vérifie son influence sur l’appétence.

Les matières grasses

Une bonne conservation des matières grasses est un critère d’appétence essentiel. Grâce à son odorat performant, un début d’oxydation des graisses est perçu très rapidement par le chien. Il peut refuser de manger avant que le propriétaire ne soit capable de déceler la moindre odeur rance.

Une très grande vigilance est requise pour suivre la qualité des huiles et graisses depuis leur extraction jusqu’à leur inclusion dans le produit fini. La fraîcheur des matières grasses est systématiquement contrôlée lors de chaque nouvelle livraison.

Le chien est naturellement attiré par les aliments riches en matières grasses. Augmenter la quantité de graisses dans l’enrobage des croquettes est donc le moyen le plus simple de développer l’appétence, mais cette stratégie nuit parfois à l’équilibre nutritionnel.

Un aliment très gras risque de favoriser l’obésité si le propriétaire ne contrôle pas correctement les quantités distribuées.

La présentation physique de l’aliment influence l’appétence

Filmer le chien en train de manger (ici un Yorkshire) peut mettre en évidence un type de préhension particulier ou des difficultés à attraper certaines formes et tailles de croquettes.

Les arômes

Plus on cherche à limiter le taux de matières grasses, plus les arômes ont de l’importance. Le savoir-faire en matière d’arômes. Grâce à son expérience et à ses outils de travail uniques en Europe, la société a acquis une véritable expertise dans ce domaine.

Principales technologies de développement des arômes :

  1. Les réactions de Maillard sont employées pour l’aromatisation de différents produits (café, biscottes, viandes rôties...).
  2. Les hydrolysats sont souvent obtenus à partir de protéines de volailles chauffées et acidifiées. Des enzymes permettent l'autolyse des protéines.

Une rupture technologique a permis la mise au point d’une troisième génération d’arômes générant des résultats encore bien supérieurs à ceux obtenus auparavant. Ces résultats montrent une très nette préférence des chiens pour l’aliment contenant le nouveau facteur d’appétence : dans la catégorie des petits chiens, il est choisi 2 fois plus souvent que l’aliment témoin ; dans la catégorie des chiens medium, 3,4 fois plus souvent ; dans la catégorie des grands chiens, 2,8 fois plus souvent.

Le travail sur la texture des croquettes

La texture des croquettes figure parmi les paramètres très importants pour l'appétence d'un produit sec. Elle doit s'adapter à la destination de l'aliment. Par exemple, s'il s'agit d'un produit pour chiot au sevrage, la croquette doit être la plus tendre possible.

Chez un chien adulte, on recherche une texture qui l'encourage à croquer. C’est important pour ralentir la formation du tartre dentaire, mais c’est aussi un facteur d'appétence. La texture recherchée varie selon la taille des dents et la puissance des mâchoires. Le travail approfondi sur la texture a conduit  à développer un système de modélisation qui permet de l'évaluer précisément.

Le texturomètre est utile pour mesurer la résistance de la croquette à la force des mâchoires et des dents du chien. Des modules interchangeables miment la forme et la dimension des dents des chiens en fonction de leur taille.

Le travail sur le goût

Comme pour l’odeur, la formulation générale de l’aliment influence son goût. Un partenariat entre le fabricant d’aliments et ses fournisseurs s’impose pour travailler ensemble sur l’amélioration des process d’obtention des protéines et des matières grasses. À qualité nutritionnelle constante, le choix d’utiliser telle ou telle matière première peut être décidé en fonction des préférences des chiens.

Le chien a hérité de ses ancêtres sauvages une forte attirance pour les produits riches en protéines : son choix se porte généralement sur ceux dont 25 à 30 % de l’énergie est apportée par les protéines. L’origine animale ou végétale des protéines n’est pas déterminante : des produits très appétents peuvent être formulés avec des protéines végétales comme le gluten de blé ou de maïs.